vendredi 17 juillet 2015

Trilogie patagonienne

Ola bébé,
Après être arrivés au bout du monde, nous n'avons d'autre choix que de faire demi-tour. En remontant vers Santiago, nous espérons trouver ce pourquoi nous sommes descendus aussi au sud : des fjords, des glaciers, des pics enneigés, bref des paysages à couper le souffle.

Chapitre 1, Torres del Paine, Chili
Premier hébergement payant de Patagonie, nous logeons chez une famille à Puerto Natales. Ils sont timbrés (surtout le père et la fille) et la mère Gloria nous fait penser à son homonyme hippopotame du dessin animé Madagascar. Nous rechargeons bien les batteries avant d'attaquer les 4 jours de marche prévus. Ayant décidé de se passer des services de transport, l'accès au site est difficile, François et Jean expérimentant une nouvelle variante du W, le parcours de randonnée classique, avec 20km de marche avant même l'entrée du parc national. 

National Geographic, crédit photo : J. R.

Il est tard, nous avons la chance de rencontrer Nelson, gardien d'un hôtel en réfection qui nous offrira l'hospitalité. La météo du deuxième jour est catastrophique, les prévisions sont mauvaises pour les jours suivants, et la tentation de rentrer au bercail est forte. Nous décidons de patienter jusqu'au lendemain, nous occupant à pister le puma, les traces fraîches dans la neige ne menant malheureusement (?) nulle part. Et le lendemain matin, nous ne regrettons pas notre choix : des tours effilées donnant son nom au parc au glacier Grey, en passant par les Cuernos et les lacs turquoises, c'est un véritable feu d'artifices de beautés naturelles qui nous accompagne pour les trois jours de marche.

Chapitre 2, Glacier Perito Moreno, El Calafate, Argentine
Pas rassasiés pour autant, nous repassons la frontière et atteignons quelques jours plus tard le glacier Perito Moreno. Ce géant blanc aux reflets bleutés mesure jusqu'à 60 mètres de haut pour 5km de large. Nous admirons la bête, prenons les photos qui vont bien, et nous en retournons comme nous sommes venus, avec notre charmante famille portena.


Auras divines

Chapitre 3, Mont Fitzroy, El Chalten, Argentine
Toujours plus au nord, le petit village d'El Chalten est la Mecque des grimpeurs. Nous nous contenterons d'admirer les belles parois verticales du Mont Fitzroy de loin et de rester sur le plancher des vaches. Le séjour vire par ailleurs en halte gastronomique : nous nous gavons de pâtisserie et mettons au point une petite fondue patagonienne qui n'a rien à envier à sa lointaine cousine savoyarde !


La route initialement prévue pour continuer la remontée n'étant pas empruntée en hiver, nous sommes contraints à un léger détour de 1000km et rallions la frontière chilienne en bus ; c'est la fin de notre aventure argentine !

Band of brothers

Plus de bisous,
A&F.

mercredi 15 juillet 2015

Tough life

Hi guys,

Oui on est d'accord avec vous pour dire qu'on vit des moments dingues et qu'on découvre des paysages magnifiques, bref que c'est un voyage de ouf !

Ceci dit sachez que cela a un prix. Hors de question de payer quoique ce soit, cela va de soi, par philosophie et manque de fonds tout simplement. Du coup on le paye de notre courage, de notre bravoure, de notre force naturelle et profonde, hmmm, bref il arrive qu'on le subisse. C'est justement la que ça devient intéressant et qu'on kiffffffffeeeeeee sa race !!!

L'arrivée de Jean, comme une initiation à notre vie de baroudeur, s'ensuit de 6 jours où s'alternent station d'essence, 1000km de camion, station d'essence, 1000km de camion et station d'essence. On prend le rythme du camionneur et ne nous couchons pas avant 6h du matin, à l'arrache. Le reste du temps, on somnole. 

Après avoir traversé le détroit de Magellan et rejoint la Terre de Feu, nous ne prendrons pas vraiment le temps de nous reposer en squattant successivement l'Office de tourisme d'Ushuaia, le ponton de la poste de Lapataia, la boulangerie de Tolhuin, la chambre d'ami de la stopeuse-d'auto de Rio Grande et finalement le Hogar de Christo de Punta Arenas. Là on s'est dit qu'on déconnait un peu voir abusait carrément...

Le Hogar de Christo, littéralement 'foyer du christ' c'est un foyer pour les plus démunis vers quoi nous avons été redirigés à force de demander l'hospitalité aux habitants de la ville. Content de trouver un toit par cette nuit a -10°C ce n'est que sur place que nous nous rendons compte que là nous ne sommes plus à notre place. Non pas que ça nous dérange de découvrir le quotidien de ces sans-abris, sans-société, sans-rien mais profiter de leur dortoir et de leur repas ressemble trop à de l'usurpation. Nous profitons d'une charité et non plus d'une générosité qui ne nous n'est pas destinée. Nous déambulons dans leur locaux avec nos vestes North Face fluos qui puent le fric au milieu d'une vraie misère. Pour la première fois nous sommes mal à l'aise et même honteux que notre 'trip' nous ait amenés à une telle bassesse. Nous n'oublierons pas cette expérience ni ne la ré-éditerons.

Malgré tout, c'est ce genre de remise en question, de réflexions qui motivent notre voyage. Nous évoluons chaque jour et le recherchons. Comme vous le voyez nous ne sommes pas déçus !

A&F

samedi 4 juillet 2015

Ushuaia nature

Hey,

C'est bien beau d'arriver au bout du monde, mais encore faut-il en profiter. Pour ce faire, nous décidons d'aller au bout du bout du monde, c'est-à-dire le parc national Tierra del Fuego, 20km après Ushuaia. La région est franchement enneigée, nous louons donc l'instrument ultime de l'explorateur polaire, des raquettes ! Et c'est parti pour l'expédition du bout du bout du monde. Première étape : trouver un endroit pour dormir. Nous jetons notre dévolu sur un ponton (plutôt sous un ponton) dans une baie déserte après une petite heure de randonnée dans la neige. Deuxième étape : explorer les environs. Nous rechaussons les raquettes pour une promenade en bord de mer, sous la neige et dans une ambiance de solitude enivrante. Troisième étape, critique : survivre à la nuit. Grand feu et nourriture de circonstance, nous sommes parés pour le froid. Un élément inattendu vient perturber nos plans : la marée, qui menacera sérieusement notre abri, avant de se retirer dans un ouf de soulagement. Et finalement, dernière étape : profiter du paysage le lendemain matin, lorsque le soleil dissipe les nuages, et voir les Andes enneigées se jeter dans les canaux de la Terre de Feu. Superbe !














Des bisous,
A&F.