mercredi 3 août 2016

Comment j'ai survécu au Népal (1/2)

Aller au Népal, quelle drôle d'idée. C'est bien parce que j'étais sur de pouvoir me reposer sur Alexandre durant tout le voyage que j'ai accepté de le rejoindre à Pâques, pour 2 semaines. Après une semaine de frénésie dépensière #questcequilmemanque, puis un long périple via Paris, Amsterdam et Dubaï (un visa et puis s’en va), me voici à l’aéroport international Tribhuvan de Kathmandou, ses moquettes et ses boiseries typiques des années 1960…en fait le seul aéroport international du pays.

A la sortie, Alex m’attend…en bonne compagnie. Il est arrivé la veille et espérait dormir dans l’aéroport. Seul problème, l’aéroport est tellement petit qu’il ferme la nuit et il s’est fait mettre à la porte de la salle d’attente sans avoir l’intention de payer une nuit d’hôtel. Un chauffeur de taxi l’a accueilli chez lui, espérant plus tard nous amener dans l’hôtel de son cousin, puis à l’agence de trek d’un autre cousin…
Le lendemain (dimanche donc), un autre rabatteur de touristes (qui parlait français, lui) met le grappin sur Alexandre et ils décident donc de m’attendre tous ensemble !

Finalement, nos guides de circonstance nous déposent à un hôtel au cœur du centre historique (et touristique) de Katmandou, Thamel, et négocient pour nous un tarif acceptable. Avec la promesse de se revoir le lendemain… où après avoir passé une heure à écouter un cousin nous persuader de prendre un guide et de passer par son agence pour faire les papiers (en trois jours, c’est prêt !), nous passons la matinée à nous en occuper nous même. A 14h, permis de trek, accès au parc naturel et billet de bus en poche, juste le temps de visiter le nord de Thamel pendant l’après-midi...
Le lendemain matin, départ à 7h30 pour 10 heures chaotiques de bus, jusqu’à Syabru Besi, à moins de 10 minutes de la frontière avec le Tibet, et point de départ du trek que nous avons choisi : la vallée du Langtang.


Dès le  début du chemin, qui remonte le long d'un torrent jusqu'à 4000m d'altitude, on peut voir les séquelles du tremblement de terre qui a eu lieu un an plus tôt. Au  principal village de la vallée, Langtang Lirung, à 3400m d’altitude, les habitations sont encore rasées à 90%, et des dizaines de mules s’élancent tous les jours sur le chemin afin d’acheminer des matériaux de construction. Dans ce village se tenait une cérémonie religieuse en commémoration du tremblement de terre, réunissant plusieurs moines de la région, à laquelle nous avons pu (discrètement) assister.





Au rythme où nous allons - 1400 mètres de dénivelé le premier jour, 1100 mètres le second -  les conditions météo changent vite. Nous décidons de tenter le coup jusqu’à Kyanjin Gompa (3800m), mais nous sommes rattrapés par la neige…

Neige omniprésente le lendemain matin, à 5h, pour la courte ascension du Kianjin Ri. Après s’être trompés de chemin et avoir erré pendant une petite heure, nous trouvons finalement le sentier qui nous mène au sommet.



Derrière Alexandre, les contreforts du Langtang Lirung, situé à 7227 mètres d’altitude.

Comme nous avons bien marché, au mépris de toutes les précautions médicales affichées sur le chemin pour éviter le mal aigu des montagnes, nous avons l’opportunité de continuer notre chemin dans une autre vallée, en direction des lacs de Gosainkund. A la descente, nous croisons un groupe de singes sur le chemin, qui se réfugient dans les arbres à notre passage tout en exprimant bruyamment leur mécontentement…Moyennement sereins, Alex et moi prenons des bâtons pour nous défendre…



La gastronomie locale est assez restreinte, tous les lodges proposant la même nourriture aux mêmes tarifs…Entre Chowmein (pâtes) et Riz (le plus souvent uniquement accompagnés de légumes parce qu’on est des radins), nous dégustons quand même de délicieux Momos frits, préparés dans un « restaurant » à l’odeur pourtant nauséabonde…au rang des surprises, nous aurons également essayé le jus d’argousier chaud (une réussite) , et Alex a tenté de la tsampa au petit déjeuner (infâme)…Quant à l’eau, nous avons vite abandonné l’idée de boire des bouteilles étant donnée l’escalade des prix - de 20 roupies à Kathmandou à 300 roupies dans les montagnes – et bu de l’eau de rivière durant 6 jours.



Début du 7ème jour de marche et vue des lacs sacrés de Gosainkund au lever du soleil...


…ainsi que du panorama depuis le sommet surplombant le lodge.



Il ne nous reste plus qu’à redescendre les 2700 mètres de dénivelé qui nous séparent de la route principale, à Dhunche, chose faite en une journée et demie de marche. Après un peu de stop (une première en ce qui me concerne et où Alexandre a failli finir sur la route pour cause de pick-up récalcitrant) pour aller récupérer nos affaires, nous rentrons à Kathmandou pour visiter sa vallée pour les 3 jours qui nous restent.